À l’attention de Monsieur le Commissaire Enquêteur,
En tant que citoyen soucieux de la préservation de la ressource en eau, je souhaite apporter des observations concernant l'articulation entre la régularisation des forages agricoles et le déploiement de la Réutilisation des Eaux Usées Traitées (REUT).
J’ai lu dans la presse, Le Monde publié le 22 mars 2026 : (..)Le 7 avril, la nouvelle unité de traitement de la station d’épuration d’Argelès-sur-Mer, dans les Pyrénées-Orientales va commencer à distribuer à une cinquantaine de vignerons et d’arboriculteurs des alentours ses eaux usées, (…) (sans pour autant les rendre potables)
Si la mise en conformité technique des ouvrages (étanchéité) est une étape nécessaire, elle me semble insuffisante, voire contradictoire, si elle ne s'accompagne pas d'une vision globale de la qualité chimique des masses d'eau souterraines.
1. Le risque de pollution diffuse par infiltration des micropolluants
Le projet de REUT prévoit l'irrigation de cultures par des eaux issues de stations d'épuration. Or, les données de l'INRAE et les rapports de l'OMS soulignent que les traitements conventionnels (même membranaires) ne stoppent pas la totalité des micropolluants : résidus médicamenteux, perturbateurs endocriniens, PFAS (polluants éternels) et microplastiques.
L'épandage de ces eaux en surface conduit mécaniquement à une infiltration vers les nappes phréatiques. La régularisation administrative d'un forage ne garantit en rien la protection de l'eau qu'il puise contre cette nouvelle source de pollution.
2. La vulnérabilité géologique et l'effet "Cocktail"
Comme le rappellent plusieurs études hydrologiques de l’INRAE, le sol ne joue pas toujours son rôle de filtre. L'accumulation de molécules crée un "effet cocktail" dont les risques sanitaires et environnementaux sont encore mal évalués.
La régularisation des forages doit impérativement intégrer un zonage de risque. Un forage situé dans une zone irriguée par la REUT présente un risque de contamination croisée bien plus élevé qu'un forage en zone préservée ou en agriculture biologique.
3. Propositions pour une gestion durable de la ressource
Pour que cette enquête publique débouche sur une utilité réelle, je suggère d'intégrer les prescriptions suivantes :
Conditionnalité de la REUT au traitement quaternaire : Ne permettre l'irrigation par eaux usées au-dessus de nappes exploitées par forages que si un traitement spécifique d'élimination des micropolluants est mis en œuvre.
Création de périmètres de protection chimique : Définir des zones d'exclusion de la REUT autour des forages destinés à la consommation humaine ou aux cultures à haute valeur environnementale (Bio).
Renforcement du suivi qualitatif : Le contrôle de conformité des ouvrages ne doit pas se limiter à l'étanchéité physique, mais inclure un suivi obligatoire des micropolluants (PFAS, résidus de médicaments) pour les forages situés en zone de REUT, aux frais des opérateurs de traitement.
La régularisation des forages doit être l'occasion d'une protection globale de la ressource, et non une simple formalité administrative.
Enquête publique sur les forages agricoles Vtech1
En tant que citoyen soucieux de la préservation de la ressource en eau, je souhaite apporter des observations concernant l'articulation entre la régularisation des forages agricoles et le déploiement de la Réutilisation des Eaux Usées Traitées (REUT).
J’ai lu dans la presse, Le Monde publié le 22 mars 2026 : (..)Le 7 avril, la nouvelle unité de traitement de la station d’épuration d’Argelès-sur-Mer, dans les Pyrénées-Orientales va commencer à distribuer à une cinquantaine de vignerons et d’arboriculteurs des alentours ses eaux usées, (…) (sans pour autant les rendre potables)
Si la mise en conformité technique des ouvrages (étanchéité) est une étape nécessaire, elle me semble insuffisante, voire contradictoire, si elle ne s'accompagne pas d'une vision globale de la qualité chimique des masses d'eau souterraines.
1. Le risque de pollution diffuse par infiltration des micropolluants
Le projet de REUT prévoit l'irrigation de cultures par des eaux issues de stations d'épuration. Or, les données de l'INRAE et les rapports de l'OMS soulignent que les traitements conventionnels (même membranaires) ne stoppent pas la totalité des micropolluants : résidus médicamenteux, perturbateurs endocriniens, PFAS (polluants éternels) et microplastiques.
L'épandage de ces eaux en surface conduit mécaniquement à une infiltration vers les nappes phréatiques. La régularisation administrative d'un forage ne garantit en rien la protection de l'eau qu'il puise contre cette nouvelle source de pollution.
2. La vulnérabilité géologique et l'effet "Cocktail"
Comme le rappellent plusieurs études hydrologiques de l’INRAE, le sol ne joue pas toujours son rôle de filtre. L'accumulation de molécules crée un "effet cocktail" dont les risques sanitaires et environnementaux sont encore mal évalués.
La régularisation des forages doit impérativement intégrer un zonage de risque. Un forage situé dans une zone irriguée par la REUT présente un risque de contamination croisée bien plus élevé qu'un forage en zone préservée ou en agriculture biologique.
3. Propositions pour une gestion durable de la ressource
Pour que cette enquête publique débouche sur une utilité réelle, je suggère d'intégrer les prescriptions suivantes :
Conditionnalité de la REUT au traitement quaternaire : Ne permettre l'irrigation par eaux usées au-dessus de nappes exploitées par forages que si un traitement spécifique d'élimination des micropolluants est mis en œuvre.
Création de périmètres de protection chimique : Définir des zones d'exclusion de la REUT autour des forages destinés à la consommation humaine ou aux cultures à haute valeur environnementale (Bio).
Renforcement du suivi qualitatif : Le contrôle de conformité des ouvrages ne doit pas se limiter à l'étanchéité physique, mais inclure un suivi obligatoire des micropolluants (PFAS, résidus de médicaments) pour les forages situés en zone de REUT, aux frais des opérateurs de traitement.
La régularisation des forages doit être l'occasion d'une protection globale de la ressource, et non une simple formalité administrative.